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NOUVELLE

C’est incroyable !

8 juillet 2026

Léa n’était pas une fille comme les autres. Ses copains de collège avaient fini par s’habituer à son expression favorite, « C’est incroyable ». Peu importait la situation, qu’elle soit extraordinaire ou banale, Léa trouvait toujours une bonne raison de s’exclamer ainsi.

— Léa, tu as vu le nouveau prof de maths ? Il a l’air strict, avait dit Inès, sa meilleure amie.

— C’est incroyable ! répondit Léa, comme si cette remarque avait changé sa vie.

En classe, à la cantine, dans la cour de récréation, c’était toujours le même refrain. Même un sandwich au jambon, pourtant ordinaire, pouvait être qualifié « d’incroyable » par la jeune fille.
Les camarades de Léa s’amusaient à prédire quand elle utiliserait son expression fétiche. Malgré cela, elle ne se lassait jamais, chaque instant de la vie lui apparaissait comme une découverte fascinante. Tout aurait pu continuer ainsi pendant des années, mais un événement inattendu allait bouleverser cette routine.

Ce mardi-là semblait habituel. Dans la cour, les élèves de 5eB attendaient patiemment la sonnerie pour regagner leurs salles de classe. Léa, Inès, Lucas et Paul discutaient tranquillement sous un arbre. Le paysage autour d’eux, avec ses feuilles mortes et son ciel bleu éclatant, était paisible.

— Vous avez entendu parler du concours de talents du collège ? demanda Lucas.

— Oui, c’est incroyable ce qu’on peut voir comme numéros, dit Léa sans surprise.

Inès éclata de rire, mais leur conversation fut brusquement interrompue par un bruit sourd venant de l’entrée du collège. Tout le monde se retourna en même temps lorsque les portes métalliques vibrèrent légèrement.

— Qu’est-ce que c’était ? demanda Paul, les sourcils froncés.

— Incroyable… murmura Léa, mais cette fois avec une nuance d’incertitude.

Une agitation inhabituelle gagna les élèves. Certains s’approchèrent de l’entrée pour essayer de comprendre ce qui se passait, tandis que d’autres restaient sur place, comme paralysés. Un tourbillon de lumière était apparu dans le ciel, juste au-dessus du collège. Bien qu’il n’y ait ni nuage ni vent, le vortex tournoyait de plus en plus vite, tandis qu’une force mystérieuse semblait aspirer tout ce qui se trouvait à proximité. Feuilles mortes, papiers et cartables s’élevèrent dans les airs, attirés par ce phénomène inexplicable. Face à cette scène surréaliste, Léa resta bouche bée, incapable de prononcer le moindre mot. Ses yeux étaient écarquillés, figés sur ce phénomène irréel. Puis, le tourbillon se referma aussi soudainement qu’il était apparu. En quelques secondes, tout redevint normal. Le ciel était à nouveau d’un bleu paisible, et le vent cessa de souffler. Les objets retombèrent doucement au sol.

— Qu’est-ce que c’était que ça ? demanda Inès, la voix tremblante.

— C’était… incroyable, répondit Lucas, les yeux fixés sur le ciel.

Léa restait muette. Elle, qui avait toujours trouvé le moindre détail digne d’émerveillement, se retrouvait pour la première fois sans pouvoir s’exprimer. Le lendemain, malgré les rumeurs et les explications des professeurs sur un phénomène météorologique rare, Léa ne prononça pas son habituel « C’est incroyable ». Les jours passèrent et Léa réalisait que son expression fétiche avait perdu de sa spontanéité. Elle avait découvert ce que signifiait vraiment quelque chose d’incroyable : une expérience qui vous coupe le souffle, qui vous laisse sans voix. Finalement, Paul, d’ordinaire le plus froussard du groupe, fut le premier à en reparler ouvertement :

— Eh bien, je ne pensais pas voir ça un jour… mais c’était vraiment incroyable.

Inès, elle, ne put s’empêcher de l’applaudir en rigolant. Tout le monde éclata de rire, et Léa, dans un sourire retrouvé, finit par dire doucement :

— Oui… c’était vraiment incroyable !

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